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lundi 2 avril 2012



le temps de la neige a passé
siècle et monde adieu rêve blanc
sommeil du ciel et de la sève
j'aimai cette vie entrevue :

tout s'est tu hormis notre coeur
(petit coeur sauf qui bat qui bat)
et le sang plus ne se réchauffe
qu'au feu d'une voix d'un visage

- vient la pluie tiède sur la glace
faire oublier que cela fut
j'aimai cette voix ce visage
ô grâce de la neige ô mon sang d'or fondu

titre: Le temps de la neige
lieu:
date: déc. 2010
auteur: Aurélien Delsaux
catégorie: poésie

mercredi 2 mars 2011

titre: Isabelle
date: 1959
auteur: Jacques Brel
catégorie: poésie



Quand Isabelle dort plus rien ne bouge
Quand Isabelle dort au berceau de sa joie
Sais-tu qu'elle vole la coquine
Les oasis du Sahara
Les poissons dorés de la Chine
Et les jardins de l'Alhambra
Quand Isabelle dort plus rien ne bouge
Quand Isabelle dort au berceau de sa joie
Elle vole les rêves et les jeux
D'une rose et d'un bouton d'or
Pour se les poser dans les yeux
Belle Isabelle quand elle dort

Quand Isabelle rit plus rien ne bouge
Quand Isabelle rit au berceau de sa joie
Sais-tu qu'elle vole la cruelle
Le rire des cascades sauvages
Qui remplacent les escarcelles
Des rois qui n'ont pas d'équipages
Quand Isabelle rit plus rien ne bouge
Quand Isabelle rit au berceau de sa joie
Elle vole les fenêtres de l'heure
Qui s'ouvrent sur le paradis
Pour se les poser dans le coeur
Belle Isabelle quand elle rit

Quand Isabelle chante plus rien ne bouge
Quand Isabelle chante au berceau de sa joie
Sais-tu qu'elle vole la dentelle
Tissée au coeur de rossignol
Et les baisers que les ombrelles
Empêchent de prendre leur vol
Quand Isabelle chante plus rien ne bouge
Quand Isabelle chante au berceau de sa joie
Elle vole le velours et la soie
Qu'offre la guitare à l'infante
Pour se les poser dans la voix
Belle Isabelle quand elle chante.

dimanche 27 février 2011


titre: l'artiste (série)
lieu: Poznań, Pologne
date: oct. 2010
auteur: µ!
catégorie: art

lundi 10 janvier 2011



Une lettre arrivée
Enveloppe abîmée
Témoin d'un voyage
Lointaine contrée

Parle-moi d'elle


Je reste égaré
Profondes pensées
Tenant le message
N'osant commencer

Parle-moi d'elle


Ces étranges signes
Ces senteurs de Chine
C'est son univers
C'est son atmosphère

Parle-moi d'elle


Ô toi qui l'as vue
Qu'elle a caressée
Pliée et collée
De ses doigts de fée

Parle-moi d'elle


Ô toi qui, émue
Va me passionner
Et me faire rêver
Et me faire pleurer

Parle-moi d'elle


Toi qui viens à moi
Douce enluminure
Qui pour moi déploie
Sa fine écriture

Parle-moi d'elle


J'ouvre - instant sacré
Papiers griffonnés
Buvant ses versets
Je lis son amour

Parle-moi d'elle


Le temps va passer
Ses mots relirai
Resteront, je sais
De fraîcheur toujours

Parle-moi d'elle


Alors je frissonne
Car du bout du monde
Son absence gronde
Mais son cœur résonne


titre: Une lettre arrivée
lieu: Warszawa, Pologne
date: janv. 2011
auteur: µ! - François Guillon
catégorie: poésie

vendredi 12 novembre 2010



Loi.
Vie.
Joie.
Qui?

Je sens
Angoisse
Mon sang
Se froisse

On s'approche
En vitesse
La pétoche...
Mais qui est-ce?

Ce n'est pas rien
Car c'est un chien,
Un'mauvaise fée -
Elle m'a trouvé

Je choisis la fuite
Ignore les entorses
Elle à ma poursuite
Je n'ai pas la force

Serait-c'moi qui délire
- Existe-t-elle seulement? -
Ou est-elle encore pire
Que le pire des comment

Grand branle-bas de combat
Armures et boucliers
Hélas ne suffiront pas
Il faut se battre à l'épée

Mon Dieu, un jour cessera-t'elle?
Vile, interminable, cruelle
Dois-je capituler pour qu'elle
Ne me hante plus de plus belle?

Et le cauchemar continue
Elle me tourmente, elle m'obsède
Je suis faible, je suis nu
Je sens déjà que je cède

Mais ses liens se desserrent
Subitement, soudain
J'entrevois la lumière
Et je respire enfin

Par où regarder?
Elle s'est éloignée
Est partie de moi
Et je lui aboie

- Enfin tu fuis!
- Je suis chassée.
- Dis-moi par qui?
- Ta liberté.

- Qui es-tu?
- Je n'suis plus.
- Ton prénom!
- Tentation.

Au loin
Résonne
Plus rien
Personne

N'aie
Peur.
Paix.
Pleurs.

titre: Le combat
lieu: Warszawa, Pologne
date: nov. 2010
auteur: µ! - François Guillon
catégorie: poésie

lundi 8 novembre 2010



titre: Pour tant qu'il y aura des hommes
date: 2008
auteur: Hubert Reeves / Daniel Mermet / Les Ogres de Barback
catégorie: poésie


Je pense que l'humanité n'est pas nécessairement la favorite de la nature, que l'humanité peut très bien disparaître, que nous ne sommes pas une espèce sacrée, qu'il y a eu dix millions d'espèces animales jusqu'ici tandis que neuf millions ont été éliminés. On n'est pas l'espèce élue comme on l'a cru pendant longtemps, la nature peut très bien se passer de nous.

Dans un millénaire on parlera encore de ce millénaire. On ne sait jamais ce que le passé nous réserve, mais l’avenir ne reviendra pas. Et dans ce millénaire, c’est se siècle qui fera date et qui fera tache. Un siècle de turpitudes, nous en sortons exténués, inhibés, esquintés, la queue entre les jambes de l’humanité. Nuits et goulags, charniers et brouillards, dans la nuit, les feux d'artifices projettent
les ombres de la Colima, d'Hiroshima, et des trains pour Auschwitz plutôt que le premier pas d'un homme sur la Lune, Einstein tirant la langue, ou la beauté d'Ava Gardner. Mais l'une des ruses de l'histoire veut que les siècles commencent et finissent là où ils veulent. Ainsi de Sarajevo à Sarajevo, notre siècle a pris fin dans les débris de la chute du mur de Berlin. Fini le siècle des grandes impuissances, voici venu le siècle de l'évidence. Fin de l'histoire, pensée unique, nouvel ordre mondial. Plus rien à voir, circulez! Nous avons obtempéré; nous circulons sans rien voir.

jeudi 25 mars 2010

titre: Elle avait tout peint en bleu
date: 1989
auteur: Jean-Pierre Lang / Pierre Bachelet
catégorie: poésie



Elle avait tout peint en bleu
Mon oreiller mes cheveux
Quand j'ai regardé dehors
J'ai vu un drôle de décor
Et je n'en ai pas cru mes yeux

Elle avait tout peint en bleu
Les rues tristes des banlieues
Même les arbres les abri-bus
Avaient la couleur en plus
Et c'était vraiment vraiment mieux

Elle avait tout peint en bleu
Même les gens, les malheureux
Présidents ou éboueurs
Y avait plus d'âge de couleurs
Et c'était tellement tellement mieux

Elle avait tout peint en bleu
Même les prières au bon Dieu
Les journaux, les prospectus
Les tribunes des campus
C'est vrai que ça changeait un peu

Si la liberté mon vieux
Ça peut peindre tout en bleu
Il faut savoir ce qu'on veut
Si tu lui tournes le dos
Elle repart avec ses pinceaux
Vers d'autres ciels, vers d'autres lieux
Et soudain plus rien n'est bleu

Elle avait tout peint en bleu
Mes guitares mon lit mes cheveux
Mais dès qu'elle est repartie
Tout est redevenu gris
Et je n'en ai pas cru mes yeux

Elle avait tout peint en bleu
Elle avait tout peint en bleu
titre: Nasza klasa
date: 1983/1987
auteur: Jacek Kaczmarski
catégorie: poésie



Co się stało z naszą klasą
Pyta Adam w Tel-Avivie,
Ciężko sprostać takim czasom,
Ciężko w ogóle żyć uczciwie -
Co się stało z naszą klasą?
Wojtek w Szwecji, w porno klubie
Pisze - dobrze mi tu płacą
Za to, co i tak wszak lubię.

Kaśka z Piotrkiem są w Kanadzie,
Bo tam mają perspektywy,
Staszek w Stanach sobie radzi,
Paweł do Paryża przywykł,
Gośka z Przemkiem ledwie przędą,
W maju będzie trzeci bachor,
Próżno skarżą się urzędom,
Że też chcieli by na zachód,

Za to Magda jest w Madrycie
I wychodzi za Hiszpana,
Maciek w grudniu stracił życie,
Gdy chodzili po mieszkaniach,
Janusz, ten, co zawiść budził,
Że go każda fala niesie,
Jest chirurgiem, leczy ludzi,
Ale brat mu się powiesił,

Marek siedzi za odmowę,
Bo nie strzelał do Michała,
A ja piszę ich historię
I to już jest klasa cała.
Jeszcze Filip, fizyk w Moskwie -
Dziś nagrody różne zbiera,
Jeździ, kiedy chce do Polski,
Był przyjęty przez premiera.

Odnalazłem klasę całą -
Na wygnaniu, w kraju, w grobie,
Ale coś się pozmieniało,
Każdy sobie żywot skrobie -
Odnalazłem całą klasę
Wyrośniętą i dojrzałą,
Rozdrapałem młodość naszą,
Lecz za bardzo nie bolało...

Już nie chłopcy, lecz mężczyźni,
Już kobiety - nie dziewczyny.
Młodość szybko się zabliźni,
Nie ma w tym niczyjej winy;
Wszyscy są odpowiedzialni,
Wszyscy mają w życiu cele,
Wszyscy w miarę są - normalni,
Ale przecież - to niewiele...

Nie wiem sam, co mi się marzy,
Jaka z gwiazd nade mną świeci,
Gdy wśród tych - nieobcych - twarzy
Szukam ciągle twarzy - dzieci,
Czemu wciąż przez ramię zerkam,
Choć nie woła nikt - kolego!
Że ktoś ze mną zagra w berka,
Lub przynajmniej w chowanego...

Własne pędy, własne liście,
Zapuszczamy - każdy sobie
I korzenie oczywiście
Na wygnaniu, w kraju, w grobie,
W dół, na boki, wzwyż ku słońcu,
Na stracenie, w prawo - w lewo...
Kto pamięta, że to w końcu
Jedno i - to samo drzewo...

lundi 8 mars 2010

titre: Dis, quand reviendras-tu?
date: 1962
auteur: Barbara (François Llenas / Paul Beuscher)
catégorie: poésie



Voilà combien de jours, voilà combien de nuits,
Voilà combien de temps que tu es reparti,
Tu m'as dit cette fois, c'est le dernier voyage,
Pour nos cœurs déchirés, c'est le dernier naufrage,
Au printemps, tu verras, je serai de retour,
Le printemps, c'est joli pour se parler d'amour,
Nous irons voir ensemble les jardins refleuris,
Et déambulerons dans les rues de Paris,

Dis, quand reviendras-tu,
Dis, au moins le sais-tu,
Que tout le temps qui passe,
Ne se rattrape guère,
Que tout le temps perdu,
Ne se rattrape plus,

Le printemps s'est enfui depuis longtemps déjà,
Craquent les feuilles mortes, brûlent les feux de bois,
A voir Paris si beau dans cette fin d'automne,
Soudain je m'alanguis, je rêve, je frissonne,
Je tangue, je chavire, et comme la rengaine,
Je vais, je viens, je vire, je me tourne, je me traîne,
Ton image me hante, je te parle tout bas,
Et j'ai le mal d'amour, et j'ai le mal de toi,

Dis, quand reviendras-tu,
Dis, au moins le sais-tu,
Que tout le temps qui passe,
Ne se rattrape guère,
Que tout le temps perdu,
Ne se rattrape plus,

J'ai beau t'aimer encore, j'ai beau t'aimer toujours,
J'ai beau n'aimer que toi, j'ai beau t'aimer d'amour,
Si tu ne comprends pas qu'il te faut revenir,
Je ferai de nous deux mes plus beaux souvenirs,
Je reprendrai la route, le monde m'émerveille,
J'irai me réchauffer à un autre soleil,
Je ne suis pas de celles qui meurent de chagrin,
Je n'ai pas la vertu des femmes de marins,

Dis, quand reviendras-tu,
Dis, au moins le sais-tu,
Que tout le temps qui passe,
Ne se rattrape guère,
Que tout le temps perdu,
Ne se rattrape plus...

mardi 17 novembre 2009

titre: Fernand
date: 1965
auteur: Jacques Brel
catégorie: poésie





Dire que Fernand est mort
Dire qu'il est mort Fernand
Dire que je suis seul derrière
Dire qu'il est seul devant
Lui dans sa dernière bière
Moi dans mon brouillard
Lui dans son corbillard
Moi dans mon désert
Devant y a qu'un cheval blanc
Derrière y a que moi qui pleure
Dire qu'a même pas de vent
Pour agiter mes fleurs
Moi si j'étais l'bon Dieu
Je crois qu'j'aurais des r'mords
Dire que maintenant il pleut
Dire que Fernand est mort

Dire qu'on traverse Paris
Dans le tout p'tit matin
Dire qu'on traverse Paris
Et qu'on dirait Berlin
Toi, toi, toi tu sais pas
Tu dors mais c'est triste à mourir
D'être obligé d'partir
Quand Paris dort encore
Moi je crève d'envie
De réveiller des gens
J't'inventerai une famille
Juste pour ton enterrement
Et puis si j'étais l'bon Dieu
Je crois qu'je serais pas fier
Je sais, on fait c'qu'on peut
Mais y a la manière

Tu sais, je reviendrai
Je reviendrai souvent
Dans ce putain de champ
Où tu dois t'reposer
L'été, j'te f'rai de l'ombre
On boira du silence
A la santé d'Constance
Qui s'en fout bien d'ton ombre
Et puis les adultes sont tellement cons
Qu'ils nous feront bien une guerre
Alors je viendrai pour de bon
Dormir dans ton cimetière
Et maintenant bon Dieu
Tu vas bien rigoler
Et maintenant bon Dieu
Et maintenant j'vais pleurer

mardi 16 décembre 2008

titre: Sur la place
date: 1955
auteur: Jacques Brel
catégorie: poésie



Sur la place chauffée au soleil
Une fille s'est mise à danser
Elle tourne toujours pareille
Aux danseuses d'antiquité
Sur la ville il fait trop chaud
Hommes et femmes sont assoupis
Et regardent par les carreaux
Cette fille qui danse à midi

Ainsi certains jours paraît
Une flamme à nos yeux
A l'église où j'allais
On l'appelait le Bon Dieu
L'amoureux l'appelle l'amour
Le mendiant la charité
Le soleil l'appelle le jour
Et le brave homme la bonté

Sur la place vibrante d'air chaud
Où pas même ne paraît un chien
Ondulante comme un roseau
La fille bondit s'en va s'en vient
Ni guitare ni tambourin
Pour accompagner sa danse
Elle frappe dans ses mains
Pour se donner la cadence

Ainsi certains jours paraît
Une flamme à nos yeux
A l'église où j'allais
On l'appelait le Bon Dieu
L'amoureux l'appelle l'amour
Le mendiant la charité
Le soleil l'appelle le jour
Et le brave homme la bonté.

Sur la place où tout est tranquille
Une fille s'est mise à chanter
Et son chant plane sur la ville
Hymne d'amour et de bonté
Mais sur la ville il fait trop chaud
Et pour ne point entendre son chant
Les hommes ferment leurs carreaux
Comme une porte entre morts et vivants

Ainsi certains jours paraît
Une flamme en nos cœurs
Mais nous ne voulons jamais
Laisser luire sa lueur
Nous nous bouchons les oreilles
Et nous nous voilons les yeux
Nous n'aimons point les réveils
De notre cœur déjà vieux

Sur la place un chien hurle encore
Car la fille s'en est allée
Et comme le chien hurlant la mort
Pleurent les hommes leur destinée